Assemblée Générale de la Banque Alimentaire du Gers

Notre Assemblée Général s'est déroulé au Lycée Pardailhan , en présence du Président de notre Fédération Alain Seugé .

Assemblée Générale de la Banque Alimentaire du Gers
27/03/2012

 

Un an après son élection à la présidence de la Banque Alimentaire, Claudie Fieux-Gratian fait le bilan de l'année écoulée.

"Que d’évènements depuis ce 10 février 2011. Il faut dire que la mise en place de certaines échéances a bousculé considérablement notre façon de travailler et il nous est arrivé parfois d’avoir les nerfs à vif !

"Monsieur le Président, je me souviens de votre présentation, à Paris,  de ce nouveau logiciel au sigle barbare ! Depuis le mois de mai 2011, date de son installation, VIF (puisque c’est de lui qu’il s’agit !) fut souvent source d’interrogations pour toute l’équipe peu formée aux méandres de l’outil informatique ! Pour les non initiés, je rappelle que VIF est un système centralisé qui permet en réseau, de gérer les stocks et les flux de tous les produits alimentaires transitant par les BA : traçabilité informatique, nomenclature unique,  localisation des stocks au sein de la BA, la traçabilité comptable des denrées reçues des pouvoirs publics ou la gestion des alertes sanitaires sur les denrées données aux associations.

     Un vaste chantier qui a monopolisé toute notre énergie, même si nous voyons (enfin !) le bout du tunnel grâce à l’embauche d’un nouveau salarié affecté à ce poste.

            Mais l’année 2011 a été source de bien d’autres préoccupations avec notamment l’accident de notre camion frigo le 17 mai dernier. Nous avons fait le choix de le faire réparer car nous n’avions pas les financements nécessaires pour en acheter un nouveau. Pendant près de trois mois, nous avons dû louer un véhicule, avec à la clé, un coût financier conséquent.

            A toute chose malheur et bon ! Cet évènement m’a fait prendre conscience combien la Banque Alimentaire était démunie face à ces situations inattendues. C’est pourquoi, au mois de mai 2011 j’ai proposé, en réunion de bureau, de créer un fonds de dotation, selon l’exemple de ce qui avait été réalisé dans les Pyrénées Atlantiques par l’ancien président de la BA de Pau. En réunion de bureau, l’enthousiasme ne fut pas franc et massif, mais dans les jours qui ont suivi mes arguments ont fini par recueillir l’adhésion de tous. Et c’est une rencontre avec le président de la Caisse du Crédit Agricole Pyrénées Gascogne Jean-Claude Rigaud et son vice-président Simon Saint-Martin qui a permis d’accélérer le processus : fin juin, FondGersAlim était né. Je les remercie tous les deux pour leur implication dans la réalisation de ce projet.


            Je remercie aussi très sincèrement les représentants des groupes coopératifs qui ont répondu favorablement à notre proposition. Depuis, d’autres chefs d’entreprises les ont rejoints créant ainsi un vrai rapprochement entre le monde de l’entreprise et celui de l’associatif. Un grand merci à Serge Arquier qui travaille avec acharnement sur ce dossier. Aujourd’hui, le fonds de dotation vole de ses propres ailes et va participer au financement de nos prochains investissements.

            Le premier concerne l’achat d’un camion frigo pour lequel nous bénéficierons de l’aide du Conseil Régional grâce à une subvention de 30 000 euros, et l’aide de la fondation Carrefour pour 14 000 €.

            A partir du 14 mai, et grâce à l’accord de la Mairie qui nous héberge depuis toujours, nous procéderons à la réalisation d'un local réfrigéré pour le tri des produits frais. Il est indispensable de réorganiser cette activité pour fournir chaque jour aux associations des produits de qualité garantie.  Coût de l’investissement : 18 000 € !

             Je remercie le Maire d’Auch Franck Montaugé qui, par la voix de son Directeur Général des Services, Mr Biard, me confirme également l’aménagement d’un nouveau bureau. Ces travaux vont débuter dans les tous prochains jours et vont nous permettre de travailler dans de meilleures conditions, car  nos 50 M² de bureaux s’avèrent bien trop exigus pour  accueillir les bénévoles présents sur le site au quotidien.

            L’équipe qui m’entoure a évolué et s’est considérablement étoffée, donnant à la Banque Alimentaire de nouvelles possibilités pour venir en aide aux plus démunis. Mais le bénévolat ne fait pas florès dans notre département et la BA doit encore développer son image pour révéler de nouvelles vocations. Quoi qu’il en soit, la toute nouvelle équipe de la BA a eu conscience de vivre collectivement, une année très importante.

            L’ensemble des bénévoles, des salariés de la Banque Alimentaire et du réseau associatif a assuré avec beaucoup de cœur, de détermination et de compréhension la distribution de l’aide alimentaire sur le département du Gers. Il est bon de rappeler une fois encore que c’est grâce à l’engagement personnel de chaque bénévole et de chaque salarié, que l’action collective porte ses fruits.


            Nous constatons malheureusement que les difficultés des personnes aidées s’accentuent toujours davantage et nécessitent un engagement encore plus dense. On ne peut donc que se féliciter de la formidable mobilisation des bénévoles qui participent aux  deux collectes. Grâce à eux nos approvisionnements sont en augmentation : leur dynamisme et leurs sourires aux portes des supermarchés sont les éléments clés qui favorisent la générosité du grand public aux portes des GMS. Qu’ils en soient tous sincèrement remerciés.

            Au cours de l’année 2011, 78 tonnes de denrées ont été collectées soit 10 % de plus que l’année précédente : 34 tonnes au printemps et 44 tonnes en novembre.

            A l’heure des calculs, nous constatons une augmentation du volume des entrées de 18% par rapport à 2011 (422  tonnes en 2011 contre 358 en 2010) alors que la distribution aux associations est passée de 345 tonnes en 2010 à 358 tonnes en 2011. Calculée sur la base de notre mercuriale nationale, nous estimons à 1.146.000 € la valeur des produits que nous avons distribués. Ramenée à la personne aidée, (et pour l’équivalent de 720 000 repas) elle s’élève en moyenne, pour l’année à 382 €  par personne et par an pour l’équivalent de 240 repas toujours par personne et par an.

            Pour les 3 000 personnes aidées, notre travail solidaire a été une contribution essentielle pour soulager et réduire leurs difficultés. La mise en place des nouveaux outils informatiques nous permettra de mieux appréhender l’aide alimentaire en fonction de la situation des personnes aidées (personnes âgées et sans perspective d’amélioration de leur situation, emploi précaire, chômage prolongé, familles monoparentales etc …) 

            Lutter contre le gaspillage pour donner à ceux qui ont besoin de manger ou à ceux qui sont dans la difficulté reste le principe de base de toutes les Banques Alimentaires. Nous constatons malheureusement que la profusion de réglementations complexes et rigoureuses provoque de nombreuses confusions dans l’esprit du consommateur. Résultat, tout le monde jette, du distributeur au consommateur, des denrées tout à fait consommables !    

          Côté distributeur ou industriel, le coût économique pour la destruction de ces denrées n’est pas négligeable. La récolte quotidienne des Banques Alimentaires permet non seulement d’échapper à cette dépense, mais surtout offre la possibilité de redistribuer gratuitement ces marchandises aux personnes accueillies. Elle évite également que ces nourritures encore consommables deviennent des déchets. J’en appelle aux distributeurs locaux qui doivent nous aider dans ce sens.

       Au niveau de nos partenaires, nous sommes confrontés aux difficultés du tissu associatif. C’est une évidence qu’on ne peut pas nier. Au cours de l’année, nous avons perdu deux associations, les responsables n’ayant pas trouvé de relève ont jeté l’éponge ou renoncent à la distribution alimentaire !

            Durant le mois de janvier, nous avons instruit une enquête auprès de nos associations afin de connaître leurs objectifs pour les années à venir. Majoritairement, toutes se plaignent du manque de bénévoles. Ceux qui sont là sont vieillissants et le renouvellement peine à se faire. Les raisons invoquées sont le plus souvent liées à l’accroissement du niveau des exigences administratives qui nécessitent toujours plus de professionnalisation. L’utilisation du  nouveau logiciel Passerelle sert de révélateur à une situation latente de saturation de la part des bénévoles peu préparés à l’utilisation entre autre des outils informatiques.

            Je suis intimement convaincue cependant que Passerelle est un outil majeur pour améliorer et rendre crédible notre action caritative et renforcer le poids de notre Fédération. Je peux comprendre les réticences de certains, pour autant il est important, et j’insiste, que nous  nous rejoignions tous sur la redéfinition de l’aide alimentaire.

L’impact de crise sur notre région pouvait laisser craindre un recul du tonnage collecté. Malgré tout, la générosité a été comme d’habitude au rendez-vous. Cet apport du public est très important car nous disposons ainsi d’une grande diversité de denrées dont la plupart est inaccessible par les autres sources d’approvisionnement. Cette collecte est aussi un acte fédérateur pour notre association. Plus de 500 bénévoles se relaient pendant deux jours pour recueillir ces innombrables dons. Depuis trois ans les étudiants de Saint Christophe de Masseube nous aident lors des deux jours des collectes. Pour celle de Novembre dernier, ils ont été rejoints à Auch par les élèves du Lycée Pardailhan, de l’Oratoire, du collège Sainte Marie et à Eauze par ceux du collège Jean Rostand. Certains autres établissements se sont manifestés pour participer à la prochaine collecte. A cet effet, nous avons décidé de mettre en place un comité de pilotage qui permettra de coordonner l’action des étudiants sur l’ensemble du département. Je remercie Pierre Martin de m’avoir aidée à rencontrer tous les chefs d’établissements ce début du mois de mars.

                La solidarité et le partage sont des notions que nous devons transmettre aux jeunes. Je suis toujours ravie de constater, lors de mes interventions dans les établissements, que leurs réactions sont toujours positives. Et notre compte FaceBook en témoigne. 

            Je n’oublie pas non plus les grosses inquiétudes que nous avons vécues avec les menaces qui ont pesé pendant plusieurs mois sur les PEAD. Si la situation est apaisée jusqu’en 2013, tout sera remis en cause dès 2014 ! Je tiens à remercier tous les élus et tous les responsables que nous avons sollicités et qui ont plaidé notre cause à quelque niveau que ce soit. Mais il ne s’agit que d’un sursis et nous aurons besoin du soutien de tous lorsque reviendra le temps des négociations.

            Je rappelle au passage que les PEAD représentent 30 % de notre approvisionnement tandis que dans le cadre du Plan National d’aide Alimentaire, l’aide de l’Etat représente 3 %. En 2011, les livraisons groupées des produits PEAD ont produit une forte augmentation des entrées provoquant de grosses difficultés de stockage qui ont nécessité la location d’un local annexe et bien sûr des frais supplémentaires.

            Je tiens à remercier la communauté de communes d’Auch qui nous héberge gratuitement, la Mairie d’Auch, et le Conseil Général, ainsi que les nombreuses mairies pour l’aide qu’ils nous accordent et qui nous permet de faire face aux frais de fonctionnement. Merci aussi au Conseil Régional, à la MSA, à Groupama et à la Chambre d’Agriculture qui ont répondu favorablement à nos sollicitations pour nos différents investissements. Merci aussi à l’Etat qui nous permet de bénéficier des contrats aidés sans lesquels nous ne pourrions pas boucler cette formidable chaîne de solidarité qui nous lie.

            Monsieur Le Préfet, en visitant notre Banque Alimentaire, vous avez pris la mesure de notre mission. Je sais que vous êtes sensible à tout ce qui touche à la vie des gens et à leurs difficultés. Nous avons besoin de moyens. Nous en aurons, à l’avenir, de plus en plus besoin.  Tous les soutiens, y compris celui de l’Etat nous seront indispensables même si nous sommes tous conscients que l’Etat ne peut pas tout.  Notre rôle et notre mission sont de prendre le relais dans une démarche citoyenne. Cette démarche doit être coordonnée entre la Banque Alimentaire, les services de l’Etat, du département et des collectivités locales.

            Je vous demande Monsieur le Préfet, de bien vouloir être notre interprète auprès du gouvernement pour lui rappeler notre engagement au quotidien et nos besoins pour mener à bien notre mission auprès des plus démunis.

            Dans le Gers comme ailleurs, la précarité s’installe insidieusement, dangereusement et durablement. Elle exige de nous tous une solidarité humaine exemplaire. L’aide alimentaire est une nécessité absolue pour beaucoup de nos concitoyens : je regrette qu’elle ne rentre pas dans la même logique que l’aide au logement.

            Pour les semaines et les mois à venir, la Banque Alimentaire du Gers s’est engagée dans un important  travail de communication avec les établissements d’enseignement, et de relations avec les mairies pour l’activation des CCAS, et des CIAS sur les intercommunalités,  sans oublier bien sûr la  création d’un atelier cuisine, et l’aménagement de nos locaux qui sont imminents.

            Vaste programme pour la réalisation duquel vous êtes tous et toutes conviés. Et pour vous tenir informés du quotidien de la Banque Alimentaire du Gers, n’hésitez pas à vous rendre sur notre site internet que nous avons créé au cours du dernier trimestre 2011 …

            Je vous remercie de votre attention".